C’est comment… la Cité internationale des arts ? Réponses d’artistes !

Série

Mise à jour le 04/11/2026

Une des marionnette fabriquée par l'artiste Nami, marionnettiste résidente à la Cité internationale des arts.

Bienvenue dans la plus grande résidence d’artistes au monde ! Chaque année, la Cité internationale des arts accueille, sur deux sites, plus de 1 000 artistes de toutes origines et issus de tous les domaines. Rencontre avec trois d’entre eux, boursiers de la Ville de Paris et en résidence dans le Marais.

C’était en mai 1965 ! La Cité internationale des arts (Paris Centre) ouvrait ses portes. Quel destin ! Plus de soixante après, grâce à ses 300 ateliers-logements, ce lieu atypique donne l’opportunité à des artistes du monde entier de mener un projet et de développer leur carrière dans un environnement dédié à la création. Aujourd’hui, cette fondation reconnue d’utilité publique joue un rôle essentiel dans le dialogue entre les cultures, notamment à travers des expositions, des rencontres et des événements ouverts au public.

Chaque année, la Ville de Paris attribue douze bourses à des plasticiens, des musiciens, des photographes, des réalisateurs ou des écrivains pour vivre entre ses murs le temps d’une résidence. Certaines résidences sont « croisées », c’est-à-dire qu’elles permettent aussi l’accueil d’artistes parisiens dans des résidences à l’étranger.

Naghmeh Nami, marionnettiste venue d’Iran

J’ai posé mes valises dans mon studio de la Cité internationale des arts le 5 janvier 2026. J’arrivais de Téhéran et c’était la toute première fois que je quittais l’Iran. Pour me sentir bien, j’ai tout de suite voulu faire de mon logement un cocon, un environnement propice à la création de mes marionnettes. Je conçois chacune de mes œuvres minutieusement, avec du bois, de la mousse et du métal pour le mécanisme, jusqu’au tissu des vêtements et à la peinture des visages, couche après couche. Cela me prend parfois des mois pour leur donner vie.

C’est une grande chance d’être à Paris. Non seulement l’atmosphère de la ville m’inspire, mais, surtout, je me sens prise au sérieux comme artiste ici.

Naghmeh Nami
marionnettiste

Quand je travaille avec de l’argile, je peux me rendre dans un atelier de la cité équipé d’un four. C’est aussi l’occasion de croiser d’autres artistes du monde entier hébergés ici et de partager avec eux… même si je suis la seule marionnettiste ! J’aime présenter mon atelier lors des portes ouvertes organisées les mercredis et faire découvrir mes créatures. Je les considère comme mes enfants !

Kincső Bede, photographe

Je suis née et j’ai grandi en Roumanie dans une famille hongroise. Mon travail – en numérique noir et blanc – a longtemps été un moyen pour moi de réinterpréter la laideur qui m’entourait dans mon pays et de transformer ces éléments en quelque chose de positif. Je me suis aussi beaucoup intéressée aux différences entre les générations. En 2020, j’ai été lauréate du programme Carte Blanche Étudiants de Paris Photo. Depuis j’ai exposé à plusieurs reprises et publié un livre, Porcelain and Wool.

À Paris, je compte poursuivre mon projet sur l’identité. Il s’agit d’autoportraits centrés sur mon visage, comme un paysage d’émotions.

Kincső Bede
photographe

Ici, je suis entourée d’autres artistes avec qui je peux échanger et je compte ouvrir mon atelier pour présenter et expliquer mon travail aux visiteurs. Mon salon est assez grand pour en faire mon studio photo. Je me sers des murs comme d’une toile. Le cadre est fantastique : je suis à la fois au centre de Paris – avec une vue sur la Seine – et au calme pour créer.

Viv Li, scénariste et réalisatrice

Je suis chinoise, mais j’ai quitté Pékin à l’âge de 19 ans pour vivre en Grande-Bretagne, au Brésil, en Colombie, au Mexique, aux Philippines, au Portugal, en Hongrie, en Belgique, en Islande… et maintenant en France, grâce à cette résidence de trois mois à la Cité internationale des arts. Je suis fière que mon dossier ait été retenu par le jury de la Ville de Paris, car je sais que la concurrence est rude pour obtenir cette bourse. Cet établissement est connu dans le monde entier !

Maintenant que je vis à Paris, je ne la vois plus de la même façon. La ville cumule mes deux passions !

Viv Li
scénariste et réalisatrice

Je suis ici pour avancer sur le scénario et le développement des personnages de mon prochain long-métrage. Je travaille à la fois du documentaire et de la fiction, avec des thématiques proches de mes propres expériences.

Je connaissais Paris en touriste, maintenant que j’y vis, je ne vois plus la ville tout à fait de la même façon. Mais la capitale cumule toujours mes deux passions : une multitude de restaurants asiatiques de qualité et des musées exceptionnels, comme le Palais de Tokyo (16e) ou le BAL (18e) !

Un vivier d’artistes de renom

Des figures du monde entier sont passées par la Cité internationale des arts (Paris Centre) : le réalisateur allemand Jan-Ole Gerster, la photographe autrichienne Verena Prenner, le plasticien hongrois Daniel Szalai, l’écrivaine espagnole Mercedes Cebrián ou le musicien palestinien Bashar Murad…

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