« La Caverne du Pont-Neuf » de JR : un chantier inédit !

Focus

Mise à jour le 26/05/2026

Installation sur le Pont Neuf de la Caverne de l'artiste JR.
« La Caverne du Pont-Neuf », œuvre monumentale et éphémère, est aussi une performance technique. On vous en révèle les dessous.
Suivez le montage en direct
Jour par jour, heure par heure, un time-lapse permet de revivre l’intégralité du chantier.

Aucun clou, aucune vis : le Pont-Neuf est protégé

C’est l’une des prouesses du chantier et la condition sine qua non pour intervenir sur l’œuvre royale qu’est le plus vieux pont de Paris : « La Caverne du Pont-Neuf » a été pensée pour ne jamais menacer l’intégrité du monument historique. Pas une vis, pas un clou n’a été planté dans la pierre, la toile est tout juste posée sur le parapet.
Lors de la pose, les équipes de JR ont travaillé avec des spécialistes des monuments historiques pour protéger les piles du pont à l’aide de sangles et de systèmes de fixation temporaires. Les immenses toiles ont ensuite été descendues depuis le parapet et fixées sans jamais toucher à la structure du Pont-Neuf (Paris Centre).
Le chantier était particulièrement technique en raison du trafic fluvial et des conditions météo. Il a nécessité des autorisations spéciales pour que Contraste Pro Artistique, spécialiste des interventions techniques sur l’eau, et les techniciens de l’Atelier Tollis, experts en restauration historique, installent de nuit depuis la Seine la toile géante à l’aide de quatre Zodiacs, de nacelles et d’un bateau-ponton.

Une œuvre XXL entièrement fabriquée en France

« La Caverne du Pont-Neuf » a été conçue dans les ateliers parisiens de JR, puis fabriquée intégralement en Bretagne, dans les ateliers d’Air Toiles Concept, une entreprise artisanale basée à Plougoumelen (Morbihan) et spécialisée dans les structures textiles et gonflables.
Depuis plusieurs mois, cette société labellisée Entreprise du patrimoine vivant travaille sur la conception technique, l’impression des toiles et l’assemblage de toute la structure. JR souhaitait privilégier des circuits de fabrication courts et un impact environnemental maîtrisé.
Le projet a même poussé l’entreprise à investir dans de nouvelles imprimantes géantes et à ouvrir un deuxième atelier. « Il y aura un avant et un après », explique son directeur, François Graceffa.

800 personnes mobilisées (et des machines à coudre)

Ingénieurs, bureaux d’études, dessinateurs 3D, couturiers, imprimeurs, soudeurs, menuisiers, techniciens lumière, spécialistes sécurité incendie, pilotes de bateau, opérateurs nacelle ou encore équipes de maintenance, etc. : la construction de « La Caverne du Pont-Neuf » a mobilisé une multitude de métiers, soit plus de 800 professionnels.
Après plus d’un an de travail en amont de l’apparition de l’installation, une vraie ruche humaine se démène depuis le 11 mai dernier sur le pont – 300 personnes rien que pour le montage – et continuera à œuvrer pendant l’ouverture au public et jusqu’au démontage, qui prendra fin le 13 juillet.
Saviez-vous par exemple que Air Toiles Concept a installé des machines à coudre – et des couturiers – directement sur le chantier pour pouvoir intervenir immédiatement en cas d’ajustement ?

Une fausse grotte… plus vraie que nature

L’objectif de JR n’était pas simplement de recouvrir le Pont-Neuf, comme avaient pu le faire Christo et Jeanne-Claude avant lui, mais de faire apparaître un véritable rocher au cœur de Paris. Pour créer cet effet de trompe-l’œil, il a visité de nombreuses carrières de calcaire en Île-de-France ainsi que des grottes en Grèce, qu’il a prises en photo. Des centaines d’images mélangées ont été assemblées en patchwork, pour concevoir une roche imaginaire unique, sous forme de modèle 3D.
Ne restait plus qu’à installer cet assemblage et à la gonfler pour qu’il prenne sa forme finale. Pour avoir un premier aperçu du résultat, un tronçon grandeur nature a été testé dans un hangar d’Orly (Val-de-Marne) en début d’année. La résistance aux intempéries – et même à une crue de la Seine – a été étudiée.
C’est dans la nuit du 20 au 21 mai dernier qu’une « montagne » de 18 mètres de haut est apparue en plein centre de la capitale ! Avant l’ajout des éléments sensoriels intérieurs : sons immersifs conçus avec Thomas Bangalter (ex-Daft Punk), ambiance olfactive et réalité augmentée.
Des chiffres qui donnent le tournis
- 18 900 mètres carrés de toile polyester imprimée ;
- 5 mois de conception et 4 mois de fabrication ;
- 10 modules reliés entre eux ;
- 20 000 mètres cubes d’air insufflés ;
- 3 heures nécessaires pour le gonflage complet de la toile extérieure ;
- 120 mètres de long ;
- 20 mètres de large ;
- Jusqu’à 18 mètres de haut ;
- 700 visiteurs autorisés simultanément à l’intérieur… et 2,5 millions de personnes attendues ;
- Ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, du 6 au 28 juin 2026.

Le gonflage de « La Caverne du Pont-Neuf » en vidéo

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