La Seine aurait plus de 14 000 ans… et autres anecdotes surprenantes sur le fleuve
Le saviez-vous ?
Mise à jour le 18/02/2026
Sommaire
Depuis ses berges se contemple l’histoire de la capitale, du Louvre à la tour Eiffel, en passant par les Grand et Petit Palais. Mais ce fleuve qui fait résonner le cœur de la capitale ne nous a pas tout dit. Florilège de ces faits méconnus.
La Seine traverse 12 départements
Un cours d’eau qui voit du paysage ! Même s’il est le plus court des cinq grands fleuves de France, la Seine mesure tout de même 777 kilomètres de long. Seuls 13 km de ce chemin sinueux traversent la capitale. À l’origine, le fleuve prend sa source sur le plateau de Langres (Côte-d’Or). Il parcourt ensuite le bassin parisien avant de finir sa course en Normandie, où il se jette dans la Manche.
Lors de son voyage, la Seine traverse au total 12 départements différents. Ses principaux affluents sont l’Aube, l’Yonne, la Marne et l’Oise. En aval, le cours d’eau est modeste, et il ne s’élargit que lorsqu’il est rejoint par l’Yonne, au courant bien plus puissant que lui. Cet afflux d’eau permet à la Seine de se déverser dans pas moins de 45 affluents, soit 11 ruisseaux et 34 rivières.
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Les rives de Seine sont inscrites au patrimoine de l’Unesco depuis 35 ans
En 1991, la portion de la Seine comprise entre le pont de Sully et le pont d’Iéna entre au patrimoine mondial de l’Unesco. Ces 365 hectares incluent 23 des 37 ponts de Paris sur la Seine, les îles Saint-Louis et de la Cité.
La Seine retrace plus de 2000 ans d'histoire à travers les monuments de part et d'autre de ses flots.
Crédit photo :
Emilie Chaix / Ville de Paris
Depuis les rives de Seine se dessine l'histoire de Paris. On y voit notamment le pont de la Concorde, construit avec les anciennes pierres de la prison de la Bastille, ou encore l’île de la Cité, qui cache parmi les plus anciennes traces de la présence humaine à Paris. Le fleuve trace sa route par Notre-Dame, dont la construction débute en 1163, ou encore la tour Eiffel, vestige de l’Exposition universelle de 1889.
La Seine existe depuis 12 000 av. J.-C
Le fleuve parisien se serait formé en 12 000 avant Jésus-Christ. Mais il n’a pas toujours ressemblé au cours d’eau que l’on connait aujourd’hui.
À la période du néolithique, la Seine n’était pas aussi canalisée qu'elle l'est actuellement. Cependant, le fleuve suivait sensiblement le même cours principal qu’il le fait aujourd’hui, en estimant qu’il passait plus au nord de Bercy. Certains de ses lits secondaires ont disparu, comme c’est le cas pour le bras recouvert aujourd’hui par le boulevard Saint-Germain. Il a été actif pendant la période gallo-romaine.
Lors de la crue de 1910, les députés rejoignaient le Palais Bourbon en barque
Le fleuve et ses dangers restent une source d’inquiétude et de fascination chaque hiver. Les Parisiens et Parisiennes connaissent sûrement l’anecdote du zouave du pont de l’Alma, qui, en 1910, avait les épaules sous l’eau. Pourtant, la crue de la Seine est qualifiée de centennale, c’est-à-dire qu’elle a une chance sur 100 de se produire chaque année.
La plus célèbre crue de la Seine reste celle de l’année 1910, lorsque la grande dame de fer avait les pieds dans l’eau et que les députés se rendaient au Palais Bourbon (l’Assemblée nationale) en barque. Mais ce n'est pas la plus impressionnante : le record de la montée des eaux est atteint en 1658. À cette date, un niveau de 8,96 mètres est battu sur l’échelle du pont d’Austerlitz (pont qui n’était pas encore construit). Le 28 janvier 1910, les eaux montent jusqu’à 8,62 mètres, soit trente-quatre centimètres de moins qu’en 1658.
Par le passé, la Seine est sortie de nombreuses fois de son lit. Les difficultés de trouver des sources fiables compliquent les recherches sur la fréquence des crues, mais des écrits de Julien L’Apostat, un empereur romain, datent la première crue à l’année 358. Deux siècles plus tard, Grégoire-de-Tours écrivait lui aussi au sujet de la crue de février 582.
Lors de la crue de 1910, les eaux montèrent jusqu'à 8,62 mètres.
Crédit photo :
© Neurdein / Roger-Viollet
Ses sources, en Bourgogne, sont propriétés de la Ville de Paris
C’est la commune de Source-Seine, qui, comme son nom l’indique, héberge les sources du fleuve. Situé sur le plateau de Langres (447 m d’altitude), entre la Côte-d’Or (21) et la Haute-Marne (52), ce village de 62 âmes a également donné naissance à d’autres cours d’eau : la Marne, l’Aube et la Meuse. En 1864, le baron Haussmann, alors préfet de Paris, propose l’achat de la source, à 231 kilomètres de la capitale. En 1865, la Ville de Paris y fait construire une grotte artificielle, abritant une statue de Sequana, la déesse de la Seine.
De nombreux visiteurs se rendent sur les lieux chaque année. Le site comprend aussi un temple gallo-romain, car les sources de la Seine étaient vénérées depuis l’époque celte. Il est actuellement recouvert de végétation et n’est pas accessible. Des fouilles archéologiques avaient été menées sur le site. Stoppées en 1967, elles n’auront permis de découvrir qu’une faible partie de ce sanctuaire du « culte guérisseur ».
Une « Seine » artistique, en peinture et en littérature
À l’image de la ville qu’il traverse, le fleuve a inspiré de nombreux artistes. La passion pour la Seine se retrouve chez les plus grands noms de la peinture. Les variations de l’atmosphère ont fasciné Claude Monet, tandis que Camille Pissarro s’intéresse davantage à l’observation de la lumière sur le cours d’eau.
D’autres, comme Auguste Renoir et Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet, ont préféré peindre des vues des quais, mêlant architecture et paysage. Berceau des nouveaux talents, les âmes d’artistes naissent à chaque coin de rue. Sur la scène littéraire, les plumes des auteurs décrivent un fleuve aux multiples visages.
La Seine se retrouve par exemple dans L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert ou dans les écrits de Victor Hugo, qui l’associe à la mort dans Les Misérables. Les poètes recherchent aussi l’identité littéraire de Paris, comme Jacques Prévert qui écrit que « La Seine a de la chance », dans son poème « La chanson de la Seine ».
Le pont Bir-Hakeim est une star des petit et grand écrans
Le pont-Neuf empacté par Christo et Jeanne-Claude en 1985.
Crédit photo :
© Wolfgang Volz // 1985 Christo and Jeanne-Claude Foundation
Au nombre de 37, répartis sur les 13 kilomètres de la Seine intra-muros, les ponts de Paris sont autant de traits d'union entre ses rives, ses habitants et ses monuments. Parmi eux, saviez-vous que le pont Bir-Hakeim est le plus filmé pour les publicités, les séries télévisées et le cinéma ? Établi de part et d'autre de l'île aux Cygnes (15e et 16e), cet ouvrage métallique à deux étages, conçu peu après l'exposition universelle de 1900, fait la part belle à la circulation sur toutes ses formes. À l'étage supérieur passe le métro aérien, en dessous circulent voitures, piétons et vélos.
Contrairement à son nom, le plus vieux est le pont Neuf (6e), dont la première pierre est posée en 1578 par Henri III. À l’époque, il est nouveau sous de multiples aspects. Premier pont réalisé en pierre et non en bois, il se présente comme le seul à ne pas supporter d'habitations, comme il était de coutume à l'époque pour gagner de la place dans un Paris déjà surpeuplé. C'est aussi le premier pont décoré de la capitale avec ses tourelles, ses 384 macarons ornant ses corniches et la statue équestre d'Henri IV érigée sur son terre-plein central.
Restauré en 2007 par la Ville de Paris, le pont Neuf ne cesse d'être immortalisé par des artistes qui le peignent, le photographient, le chantent ou encore l'emballent, comme Christo et Jeanne-Claude en 1985.
En 2026, c’est au tour de JR d’investir le monument avec La Caverne du Pont Neuf, une installation monumentale présentée du 6 au 28 juin, transformant le plus ancien pont de Paris en grotte éphémère accessible au public.
Un axe logistique qui bat des records
On l’imagine romantique, bordée de bouquinistes et de péniches… mais la Seine est aussi une artère économique majeure. En 2025, l’axe Seine a franchi un nouveau cap avec 84,7 millions de tonnes de marchandises traitées, soit une hausse de 2 % par rapport à 2024, selon HAROPA PORT. Le trafic conteneurisé a atteint un niveau inédit de 3,2 millions d’EVP (+4 %), tandis que les vracs solides ont progressé de 10 % pour atteindre 12,92 millions de tonnes. La part du transport fluvial et ferroviaire continue également de grimper, représentant 20,3 % des acheminements sur l’axe. Derrière les cartes postales, le fleuve reste plus que jamais un moteur discret mais essentiel des échanges.
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