Emissions de gaz à effet de serre : où en est Paris ?
Focus
Mise à jour le 21/05/2026
Sommaire
Depuis plus de 20 ans, l’action de la Ville a permis de réduire l’empreinte carbone de Paris de 34 % entre 2004 et 2023. Cette baisse des émissions de gaz à effet de serre concerne tous les secteurs et s'accompagne également d'actions concrètes pour transformer la ville et le quotidien de ses habitants. Voici les chiffres à retenir.
Une empreinte carbone en baisse de 34 % entre 2004 et 2023
Paris distingue deux périmètres dans ses bilans :
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Les émissions locales : les émissions directes liées à la consommation énergétique des bâtiments, aux transports intra-muros et à la gestion des déchets
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Les émissions « importées » ou « hors territoire » : Les émissions réalisées en dehors de la ville mais liées à l’activité du territoire et de ses habitants, qui représentent encore une part majeure de l’empreinte carbone
La somme représente l’empreinte carbone du territoire parisien. Paris est l’une des rares villes au monde à intégrer cette notion d’empreinte carbone dans ses bilans. Ramené par habitant, l’empreinte carbone est de 8,9 tonnes par Parisien.ne et spécifiquement sur le périmètre des émissions locales de 2,5 tCO2eq par Parisien.ne en 2023. Sur ce périmètre, Paris est en dessous de Londres (2,9 tCO2) et Milan (2,7 tCO2), mais au-dessus de Madrid (2,1 tCO2) et de Stockholm (1,14 tCO2).
Les émissions locales : une baisse importante depuis 2004, ralentie ces dernières années
Les émissions générées directement à Paris atteignent 5,07 millions de tonnes de CO2 en 2022, soit plus d’un quart de l’empreinte carbone du territoire.
Elles ont baissé de 31 % depuis 2004, grâce à une réduction continue sur l’ensemble des secteurs. Pour autant, elles connaissent un ralentissement de leur réduction ces dernières années, et les émissions locales sont restées stables entre 2022 et 2023. Une vigilance particulière est à apporter sur les secteurs du bâtiment et des déchets.
Le bâtiment : un rythme de décarbonation en retrait
Le bâtiment constitue le premier poste d’émissions de GES dans Paris, pour les 2/3, principalement lié à la combustion d’énergie pour le chauffage des bâtiments résidentiels, tertiaires et de industriels.
Les émissions du bâti ont baissé au global de 30 % entre 2004 et 2023, secteurs résidentiel, tertiaire et industriel confondus. Cette baisse traduit les effets conjugués des politiques publiques, des rénovations énergétiques et de l'amélioration de l'efficacité énergétique des équipements, et de la décarbonation des réseaux d’énergie.
Cependant, après une diminution notable jusqu’en 2022, les émissions liées au bâtiment repartent légèrement à la hausse en 2023, malgré la baisse des consommations. Cette évolution s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : un mix énergétique encore trop carboné (trop de gaz et fioul), un contenu carbone du réseau de chaleur urbain (RCU) défavorable en 2023 et un rythme de rénovation encore insuffisant.
Cela montre l’enjeu crucial de ce secteur pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Transports dans Paris : une baisse du trafic qui se confirme
Les émissions liées au transport dans Paris représentent près d’un cinquième des émissions locales, comprenant le transport de personnes et de marchandises.
Ces émissions ont baissé de 48 % entre 2004 et 2023, soit la baisse la plus importante des émissions locales. Cette baisse est une conséquence directe de la baisse du trafic routier dans Paris, qui a été réduit de 33 % sur cette période, grâce aux efforts massifs pour réduire le trafic motorisé dans Paris en faveur de déplacements actifs et piétons (la création de la Zone à Faibles Émissions, l’aménagement de pistes cyclables, le développement des transports en commun… les "rues aux enfants", qui sécurisent les abords des établissements scolaires, illustrent aussi la volonté de privilégier une mobilité douce et un air plus pur).
Déchets : produire moins et mieux gérer
Les émissions liées aux déchets sont le 3ème secteur des émissions locales, pour 14 %.
Entre 2004 et 2023, les émissions liées aux déchets semblent avoir augmenté, alors même que les tonnages collectés ont diminué. Cette hausse apparente ne traduit pas une dégradation des pratiques, mais résulte de changements méthodologiques dans le calcul des émissions de GES. Les déchets sont néanmoins un secteur d’importance pour réduire les émissions, en particulier les déchets plastiques, qui représentent 13 % du volume, mais 42 % des émissions en raison de leur forte teneur en carbone et des procédés de traitement énergivore.
Les émissions importées : le poids des transports et de l’alimentation
Les activités liées à Paris mais réalisées en dehors de la ville représentent les émissions importées, pour 13,61 MtCO2e, ce qui signifie que trois quarts des émissions générées par Paris le sont à l’extérieur de son territoire.
Les émissions importées ont baissé de 35 % entre 2004 et 2023, une baisse significative portée par tous les secteurs, et fortement marquée par l’impact de la crise sanitaire du Covid 19 concernant l’aérien et plus globalement les transports.
Transport hors Paris : des émissions en baisse, grâce aux progrès techniques de l’aérien et à la réduction du trafic routier
Le transport aérien représente à lui seul près d’un quart de l’empreinte carbone totale, il reste le principal responsable des émissions. Cependant, ses émissions ont fortement baissé depuis 2004 (-51 %), grâce aux progrès techniques. Les émissions des transports routier, ferré et fluvial ont également baissé depuis 2004 (-25 %), en lien notamment avec une baisse de 66 % du transport routier hors Paris.
Alimentation : vers une consommation plus responsable
L’alimentation, responsable de 28 % des émissions, reste un enjeu majeur. En baisse de 10 % depuis 2004, cela témoigne d’une prise en compte croissante des enjeux alimentaires dans les politiques environnementales et de santé publique, et d’actions de lutte contre le gaspillage alimentaire.
Énergies et matériaux : produire moins et plus local
Le secteur “énergies et matériaux” regroupent les émissions liées aux importations de biens, matériaux et d’énergie dans la capitale. En baisse de 33 % depuis 2004, cela témoigne d’une accélération de la transition énergétique et de la prise en compte d’enjeux environnementaux sur les chantiers de construction et voirie (réduction des volumes de matériaux utilisés, économie circulaire..).
Paris montre qu’il est possible d’agir efficacement contre le réchauffement climatique, tout en améliorant la qualité de vie de ses habitants.
Un respect de la trajectoire de neutralité carbone mais une nécessaire accélération pour respecter les objectifs à 2030
Les résultats du bilan carbone 2023 sont à mettre en perspective de la trajectoire de neutralité carbone à 2050 et des objectifs intermédiaires de 2050. L’empreinte carbone globale du territoire suit la trajectoire prévue, mais les émissions locales accusent un retard.
En 2023, l’empreinte présente des émissions inférieures de 0,92 MtCO2e par rapport aux prévisions de la trajectoire de neutralité, principalement grâce au secteur aérien (dont la baisse des émissions reflète une actualisation méthodologique). À l’inverse, les émissions locales, celles de l’alimentation et des transports hors Paris dépassent les prévisions. La Ville dispose de leviers d’actions limités sur ces secteurs et doit agir en coopération extraterritoriale et engager des plaidoyers auprès de l’État.
Les émissions locales dépassent de 0,76 MtCO2e les prévisions de la trajectoire. Si l’écart sur le secteur des déchets s’explique par une actualisation méthodologique, celui sur le tertiaire contribue au non-respect de la trajectoire. Il s’agit d’un secteur pour lequel la Ville dispose de leviers d’intervention limités. Les écarts observés sur les secteurs du résidentiel ou des transports sont plus réduits, mais rappellent l’importance de poursuivre les efforts municipaux.
L’analyse des tendances 2021-2023 montre que tous les secteurs doivent intensifier leurs efforts pour atteindre les objectifs 2030 et 2050 fixés par le Plan climat. L’enjeu est important sur le tertiaire, dont le rythme de décarbonation doit être multiplié par 10 d’ici 2030.
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