Comment Paris lutte contre les rats
Mise à jour le 16/10/2026
Afin de limiter la prolifération de ces rongeurs dans l’espace public parisien, un plan d’action a été adopté dès 2017. L’objectif : réduire significativement leur présence.
Paris, comme de nombreuses métropoles, fait face à la présence de rats dans ses rues et dans ses espaces verts. La Ville de Paris a mis en place dès 2017 un plan d’action à grande échelle, qui est depuis régulièrement mis à jour pour les limiter.
Ce que fait la Ville pour lutter contre les rats
Un plan de lutte intégrée contre les rongeurs a été déployé dès 2017. Il consiste à associer à la lutte directe (chimique et/ou mécanique) des mesures sur l’environnement des animaux. Ainsi, en matière de lutte contre les rongeurs, la Ville de Paris associe à la mise en œuvre de méthodes de lutte directe (biocides rodenticides et pièges mécaniques) les actions sur les facteurs de fortes présences en surface de rongeurs (accessibilité de nourriture et d’eau, « voies de passage » pour les rongeurs, possibilités de nichage) qui sont indispensables à la maîtrise pérenne des populations de rongeurs.
La lutte directe par des raticides (protégés dans des boîtes qui les rendent inaccessibles aux espèces non cibles et à l’homme) et des pièges (respectueux de l’environnement), est mise en place sur les sites infestés pour diminuer la population de rats. Chaque année, la Ville réalise plus de 7000 interventions visant à limiter la présence des rongeurs sur le domaine public. C’est le rôle du Service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène (SMASH).
Les actions ciblées sont également réalisées dans les égouts pour réguler les populations de rats. Dans les jardins, cours, caves et bâtiments privés, il incombe aux propriétaires de mettre en place les mesures de lutte en cas de fortes présences en surface de rongeurs , comme indiqué sur le Règlement sanitaire départemental.
La Ville agit en coordination avec les bailleurs sociaux dès qu’une infestation concerne des espaces contigus. La lutte directe ne suffit pas, voire est mise en échec si les conditions sont favorables à la présence de rats. Il s’agit donc de résoudre les facteurs de fortes présences en surface de rongeurs, d’agir sur l’environnement du rat pour le rendre moins favorable et ainsi limiter les populations de façon naturelle.
La Ville de Paris a mis en place une stratégie de gestion intégrée, actualisée et adaptée régulièrement depuis 2017. Elle se traduit par différentes mesures :
- La réduction de l’accès aux déchets. Dans les jardins, les sacs poubelles ont été remplacés par des contenants fermés, des bacs roulants et des abri-bacs. Ces derniers permettent par ailleurs d’effectuer un tri sélectif. 250 jardins sont désormais équipés d’abri-bacs (soit 1400 abri-bacs) et 221 sites de bacs roulants (850 bacs). Dans la ville, 6300 poubelles Cybel (modèle empêchant les animaux d’accéder au sac) sont installées (chiffres 2026). Enfin, les jardins partagés associatifs sont équipés de composteurs étudiés pour que les rats n’aient pas accès à leur contenu.
- Le renforcement de la propreté. Il s'agit d'accroître les actions de ramassage des poubelles et des déchets dans les lieux les plus fréquentés.
- La limitation de la circulation des rats du sous-sol vers la surface. Les grilles des avaloirs d’eau pluviale dans les jardins ont été modifiées.
- La limitation des possibilités de nichage sur certains espaces, en mettant en place un grillage recouvert de 15 cm de terre.
- La sanction des personnes qui jettent de la nourriture dans les rues et les espaces verts. Les déchets, graines, pain destiné aux oiseaux, sont fortement appréciés des rats. En 2024, il y a eu 124 verbalisations pour jet de nourriture dans les rues et espaces verts.
Stop aux rats : tous concernés !
Contenus de sacs poubelles abandonnés sur la voie publique, restes de pique-nique… Les rats se reproduisent et se multiplient très vite si la nourriture est disponible. Votre vigilance reste très importante pour lutter contre la présence des rats dans les rues et les espaces verts.
Riverains, commerçants, visiteurs, voici les bonnes pratiques à adopter :
- Ne pas jeter ses déchets à terre.
- Ramasser systématiquement les restes de vos pique-niques et jeter ce qui doit l’être dans les poubelles prévues à cet effet.
- Ne pas jeter de sacs poubelles dans la rue, même près des corbeilles de rue car ils seront éventrés par les rats.
- Ne pas nourrir les animaux dans l’espace public (oiseaux, chats, etc.). Le nourrissage des oiseaux perturbe leur instinct naturel et nuit à la biodiversité. Il attire les rats qui s’en nourrissent.
- Ne jamais toucher aux pièges, ne pas déplacer les boîtes, et ne pas toucher aux cadavres de rats.
- Dans les espaces privés, faire réaliser une dératisation en cas de fortes présences en surface de rongeurs.
Opérations "Rats 360°"
La Ville de Paris a engagé en juin 2025 une expérimentation innovante dite “Rats 360°” sur plusieurs sites où la présence de rats avait été constatée et représentatifs de situations urbaines contrastées : problèmes récurrents d’incivilités, distributions alimentaires, végétation dense, zone très fréquentée, pique-niques estivaux…
Cette démarche repose sur la mise en œuvre simultanée, sur une période d’un mois, d’un ensemble coordonné d’actions mobilisant l’ensemble des services (espaces verts, propreté, police municipale…) et partenaires (bailleurs sociaux, associations d’habitants, régies de quartier…) concernés.
Les actions déployées ont notamment consisté en :
- Un renforcement des opérations de propreté visant à supprimer les sources de nourriture.
- Une intensification des opérations de dératisation, appuyées sur un diagnostic préalable et un suivi régulier.
- Des interventions sur le milieu (rebouchage des terriers, réduction des zones de nichage).
- Ainsi que des actions de sensibilisation, de médiation et, le cas échéant, de verbalisation.
Les bailleurs sociaux, commerçants, associations et habitants ont également été mobilisés, et une communication spécifique a été déployée afin d’associer pleinement les usagers à cette démarche. Devant l’efficacité généralement constatée du dispositif, celui-ci est désormais appliqué à certaines zones complexes à traiter, en consolidant dans le temps l’implication des acteurs locaux.
Signaler via l'application Dans Ma Rue
L’application Dans Ma Rue vous permet de signaler la présence de rats (ou de cadavres de rats) sur l’espace public, avec une géolocalisation. Les signalements sont systématiquement pris en charge par les services dédiés.
Les réponses aux questions que vous vous posez sur les rats
Comment signaler la présence d'un rat ? Quels réflexes adopter pour limiter leur nombre ? Le point sur les questions que vous vous posez sur les rats.
Le rat brun, ou surmulot (Rattus norvegicus), affectionne les lieux humides, égouts, caves, espaces verts où il trouve des milieux propices pour nicher, se nourrir et se reproduire.
Le rat brun (Rattus norvegicus) mesure 19 à 27 cm de long (sans la queue) et pèse environ 300 g. Il dispose d'un odorat et d'une audition très développés. Omnivore, il mange chaque jour l’équivalent de 10% de son poids.
La femelle atteint sa maturité sexuelle à 8 semaines et elle a 3 à 5 portées par an, des petits, eux-mêmes, très vite prolifiques. Les rats se reproduisent et se multiplient très vite si les ressources sont disponibles, en premier lieu la nourriture. Le rat vit en groupe et creuse des terriers. Il affectionne les lieux humides (égouts, caves), mais aussi les espaces verts car il y trouve de l’eau, de la nourriture, et de la terre pour y faire son terrier. Il a une activité essentiellement nocturne.
Leur rôle peut s’avérer utile puisqu’ils consomment une partie des déchets, notamment ceux qu’ils trouvent dans les égouts, contribuant sans doute au nettoyage des réseaux d’assainissement.
En savoir plus sur les rats bruns
Carte d'identité du rat
Certains avancent des chiffres sur le nombre de rats dans les villes, allant d’un à deux rats par habitant, voire plus, ce qui aboutirait à estimer leur population entre 3 et 6 millions à Paris. Ces chiffres sont fantaisistes car aucun comptage n’a réellement été effectué. Et pour cause : ce comptage est très complexe à réaliser en ville. Le rat occupe en effet plusieurs espaces (sous-sol, surface, bâtiments…), public et privé sans distinction (il ne connait pas nos frontières administratives), sa répartition est très variable d’un milieu à l’autre, et d’une zone géographique à une autre, et sa population varie en fonction des saisons (il est moins présent en hiver qu’en été par exemple).
Les rats sont porteurs de nombreux germes, mais rappelons que le rat, très peureux, n’est pas un prédateur par nature. Ainsi, les possibilités de transmission à l’homme sont très réduites. Il faut en effet qu’il y ait un contact direct ou indirect entre l’homme et l’animal, et les contacts directs sont rarissimes.
En ce qui concerne la leptospirose, il s’agit d’une maladie transmise à l’homme par contact de la peau lésée ou, avec les urines des animaux infectés. La vaccination contre cette maladie est assez contraignante et non obligatoire. Il reste donc à l’appréciation du médecin de décider selon le profil de son patient de le vacciner ou non.
Le vaccin est cependant recommandé pour des personnes qui exercent une activité professionnelle liée au risque de contact fréquent avec l’eau, qui peut être contaminée par les rongeurs (curage ou entretien des canaux, voies navigables ou berges, travail dans les égouts, ou dans certains postes de stations d’épuration).
La présence accrue de rats observée à Paris ne constitue pas un phénomène isolé. Plusieurs grandes villes dans le monde connaissent la même évolution. Une étude publiée en 2025 dans la revue Science Advances a ainsi mis en évidence un lien entre la hausse des températures urbaines et l'augmentation des populations de rats dans 11 grandes métropoles, parmi lesquelles Amsterdam, New York et Toronto. Les effets du changement climatique, associés aux conditions de vie offertes par les villes, favorisent leur développement et leur visibilité. Les principales explications sont les suivantes :
- Des températures plus élevées favorisent leur prolifération : la hausse des températures observée dans les grandes villes accélère le développement des populations de rats et crée des conditions plus favorables à leur expansion.
- Un cycle de reproduction plus rapide : la chaleur réduit le temps nécessaire entre les reproductions et allonge la période favorable aux naissances. Les rats peuvent ainsi avoir davantage de portées au cours de l'année.
- Une plus forte visibilité lors des périodes de chaleur et de sécheresse : lorsque les sols s'assèchent et que l'eau devient plus difficilement accessible dans les sous-sols, les rats remontent davantage à la surface pour rechercher fraîcheur et points d'eau.
- Un accès facilité à la nourriture : les beaux jours entraînent une fréquentation accrue des espaces extérieurs, des parcs et des jardins, souvent jusqu'en soirée. Les déchets alimentaires et restes de repas constituent alors une source de nourriture abondante pour les rongeurs.
- Un effet combiné du changement climatique et des usages urbains : l'allongement des périodes chaudes, associé à une plus grande occupation de l'espace public, crée des conditions particulièrement favorables au maintien et au développement des populations de rats.
Source : Amsterdam, New York, Toronto: The cities where climate change is causing a rat population overload | Euronews
Le chat peut éventuellement attaquer de jeunes rats, les autres sont a priori trop gros et agressifs. lls ne resteront pas dans un jardin seulement pour pouvoir chasser les rats (alors que la nourriture est plus tentante et bien plus facile à attraper ailleurs).
Enfin, qui dit nourriture de chat dit aussi nourriture attractive pour les rats, et donc risque de renforcer les fortes présences en surface de rongeurs au lieu de la résoudre si cette nourriture de chat reste présente et nourrit les rats.
- Ne jetez pas vos déchets à terre
- Placez vos déchets dans des conteneurs fermés et à ne déposez jamais de sacs poubelles dans la rue, même près des corbeilles
- Ne nourrissez pas les animaux dans l’espace public (oiseaux ou chats)
- Enfin, ne touchez pas aux pièges ni aux cadavres de rats
- Si vous êtes propriétaire, vous devez vous assurer de mener des actions de dératisation si le bâtiment ou ses espaces verts sont infestés.
Un produit a été autorisé dans certaines villes des Etats-Unis comme « contraceptif » des rats. Les molécules qui le composent ont une action ciblée sur les organes reproducteurs des mâles et des femelles. Ce produit se présente sous forme liquide et doit être ingéré quotidiennement pour être efficace. Son usage est limité dans les bâtiments (il ne peut donc pas être utilisé dans les espaces verts par exemple).
L'usage de ce produit n’est pas autorisé en Europe (la règlementation impose qu’il ait une autorisation de mise sur le marché, obtenue après évaluation de l’efficacité et des risques pour être commercialisé et utilisé). On ne peut donc pas l’utiliser à Paris.
Par ailleurs, son usage, homologué aux Etats-Unis, est réservé aux bâtiments. Il ne pourrait pas être mis en place dans les espaces extérieurs, cible des actions de la ville. Enfin, de par leur mode d’action, les molécules composant le produit sont des perturbateurs endocriniens.