Ces expos incontournables à savourer à la rentrée
Mise à jour le 28/08/2026
« On se fait quelle expo ce week-end ? » : ça, c’est ce que vos amis vous demanderont après être rentrés de vacances. Pour vous aider à leur répondre, on a sélectionné la crème de la crème des expos qui arrivent à Paris.
« Eva Gonzalès, parcours d’une artiste libre », au Petit Palais
Elle n’a jamais fait l’objet d’une rétrospective française ni même internationale, et pourtant, Eva Gonzalès a su s’imposer dans une époque qui laissait peu de place aux femmes artistes. Baignant dans un milieu bourgeois cultivé, la peintre développe rapidement un univers sensible, où l’attention est portée aux figures féminines, aux scènes de vie quotidienne, aux intérieurs lumineux et aux paysages délicats. En 1869, sa rencontre avec Édouard Manet, dont elle devient l’unique élève, marque un tournant décisif dans sa carrière. Un parcours interrompu à sa mort, à 36 ans, plongeant son nom dans l’oubli… mais que l’on a hâte de voir réhabilité au Petit Palais (8e) dès le 15 septembre !
« Artistes au Muséum », au Muséum national d’histoire naturelle
Quatre cents ans, ça se fête ! Pour célébrer cette date anniversaire, le Muséum national d’histoire naturelle (5e) fouille ses riches collections pour explorer les liens profonds entre l’art et la science. Résultat ? Plus de 300 œuvres – mêlant peinture, sculpture, dessin, photographie, taxidermie, cinéma et architecture – croisent le regard d’artistes et de scientifiques sur le vivant et son évolution, depuis la création du Jardin des plantes (5e), en 1626. Un lieu qui devient à la fois un terrain d’expérimentation dans lequel Salvador Dalí, Alberto Giacometti ou Bernard Buffet y ont trouvé l’inspiration.
« Paris à l’arraché, Jacques Villeglé et l’art urbain », au musée Carnavalet
Les murs de Paris racontent-ils son histoire ? C’est en tout cas le récit de cette expo à voir à partir du 14 octobre au musée Carnavalet (Paris Centre), imaginée à l’occasion du centenaire de la naissance de Jacques Villeglé. Une plongée dans l’univers d’un artiste dont les liens avec l’art urbain contemporain sont indéniables. On y découvre une démarche radicale qu’il amorce dans les années 1950 en prélevant des affiches placardées dans l’espace public. De ces bouts d’histoires, qui disent les luttes, les contestations et les secousses d’une époque, il crée des œuvres poétiques, graphiques, lacérées. Surtout, il dessine les prémices d’autres formes d’art, comme le street art ou le collage.
« Cézanne et nous », au Grand Palais
Plus d’un siècle après sa mort, Paul Cézanne continue d’interroger les courants artistiques avec ses toiles. À partir du 23 septembre, le Grand Palais (8e) met la lumière sur son style singulier, moderne et profondément libre, mais aussi sur les nombreux artistes qu’il a inspirés. Près de 180 œuvres retracent la manière dont il a été regardé, admiré, réinventé, parfois spolié par celles et ceux qui l’ont succédé, de Paul Gauguin à Henri Matisse, en passant par Piet Mondrian ou Bridget Riley.
« Delacroix, chevaux et autres animaux », au musée Eugène-Delacroix
Source d’inspiration, objet d’étude et étape d’un processus créatif : le cheval fait partie intégrante de l’univers d’Eugène Delacroix. Jusqu’au 18 avril 2027, le musée Eugène-Delacroix (6e) s’intéresse aux nombreux chevaux, tigres, lions et autres animaux peuplant les toiles de l’artiste. Autour de la figure du cavalier et de la fantasia se tisse tout un imaginaire né lors de son voyage au Maroc en 1832. Le parcours permet de découvrir pour la première fois les deux études d’étalons récemment acquises et restaurées par le musée. Des pièces qui n’avaient, au départ, pas l’ambition d’être exposées, mais seulement à servir de référence à l’artiste.
« Auguste Bartholdi, la Liberté éclairant le monde », au musée d’Orsay
À l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, le musée d’Orsay (7e) braque ses projecteurs sur Auguste Bartholdi, pointure de la sculpture du XIXe siècle à qui l’on doit notamment l’œuvre monumentale La Liberté éclairant le monde. D’abord imaginée comme cadeau de la France aux États-Unis pour commémorer le centenaire de l’indépendance américaine en 1876, la statue est finalement achevée dix ans plus tard, en 1886, puis transformée en figure allégorique connue aux quatre coins du globe. Cette inauguration scelle des années d’échanges internationaux et de travail collectif pour mettre sur pied ce colosse de cuivre de 93 mètres de haut, une fois dressé sur son piédestal.
« Art brut ressourcé, la "S" Grand Atelier », à la Halle Saint-Pierre
Après avoir exploré l’art brut iranien, puis ses liens avec l’art textile, la Halle Saint-Pierre (18e) s’intéresse cette fois à son héritage. Dès le 11 septembre prochain, elle y invite le centre d’art brut & contemporain La « S » Grand Atelier (Vielsalm, Belgique) à interagir avec le concept d’art brut ressourcé, qui a été développé par l’historien de l’art, Michel Thévoz. S’il pense que l’époque héroïque de l’art brut est révolue, ce courant artistique témoigne toujours d’une forte puissance. Une vitalité portée notamment par la résidence artistique belge où les talents (dont certains en situation de handicap mental) s’expriment librement.
« Un vestiaire à soi, féminités dissidentes au XIXe siècle », au Palais Galliera
La mode dite « féminine » ne se contente pas de longues robes, de parures et de dentelle. Dès le XIXe siècle, les femmes s’approprient les codes masculins de leurs contemporains, faisant naître des expressions dissidentes de la féminité. Costumes d’amazone, pantalons, cravates, nœuds, hauts-de-forme : outre les pièces et les accessoires jalonnant le parcours de cette belle expo présentée au Palais Galliera (16e), une sélection de peintures, d’affiches de mode et de photographies révèlent combien la masculinisation de la mode féminine a questionné les binarités de genre à l’époque. Mais, aussi, comment elle a accompagné les changements sociétaux, notamment la place des femmes en France et dans le monde anglo-saxon.
« Andy Warhol, la ligne et l’image », au musée du Luxembourg
Si on le connaît surtout pour ses sérigraphies, ses portraits de célébrités et ses détournements d’objets du quotidien, l’œuvre dessinée d’Andy Warhol est restée plus confidentielle. À partir du 16 septembre, le musée du Luxembourg (6e) propose une expo articulée autour de cinq sections thématiques, qui abordent notamment ses débuts comme illustrateur publicitaire, l’iconographie gay longtemps cachée ou sa fascination pour les visages et les masques. La scénographie dévoile aussi combien le dessin est devenu un moyen d’émancipation et un espace d’expérimentation. Une jolie façon de voir Andy Warhol sous un nouveau jour !
« Kerry James Marshall, The Histories », au musée d’Art moderne de Paris
Toute la saison prochaine, Kerry James Marshall investit le musée d’Art moderne de Paris (16e). Considéré comme l’un des peintres contemporains américains les plus influents – en témoigne sa production prolifique s’étendant sur plus de quatre décennies –, l’Américain présente 70 œuvres, dont huit inédites, réalisées pour l’expo. En accordant aux personnes noires un espace de visibilité sur ses toiles monumentales, il leur offre non seulement une place dans l’histoire de l’art et donne une dimension quasi épique à leur quotidien. Des scènes puissantes qu’il fait vivre sous son coup de pinceau et à travers d’autres expressions visuelles, comme la bande dessinée ou l’afrofuturisme.
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